Les propriétés d'une Huile Essentielle sont-elles les mêmes que celles de la plante aromatique dont elle est extraite ?
Elles ont quelques propriétés communes mais on ne peut pas transposer les propriétés de l’une à l’autre.
Les Huiles Essentielles étant composées exclusivement de molécules aromatiques (des phénols, des aldéhydes, des cétones, des esters, etc.), leurs propriétés dépendent du « Totum aromatique », c’est-à-dire l’ensemble cohérent et complexe de leurs molécules et des interactions qu’il y a entre elles.




Les plantes aromatiques : le romarin, la sauge officinale, l’ail, la livèche, la cannelle écorce ou feuilles, sont beaucoup moins concentrées en molécules aromatiques que leur essence une fois extraite, mais elles contiennent aussi d’autres composants dont plusieurs sont des principes actifs intéressants en phytothérapie, par exemple les tanins, les alcaloïdes ou les flavonoïdes.



Les vertus thérapeutiques d’une Huile Essentielle ne sont pas forcément celles de la plante aromatique dont elle est issue.
La Marjolaine, l’Origanum majorana en botanique, est calmante en plante entière infusée mais est tonique en Huile Essentielle grâce notamment à sa concentration en monoterpénols.

Ne faites pas de confusion entre l’utilisation de la plante aromatique en phytothérapie et celle de son Huile Essentielle en Aromathérapie.
Le romarin de mon jardin n’a pas la même odeur que celui de Provence, comment expliquer cela ?
C’est très simple.
Le parfum d’une plante aromatique, ou de l’un de ses organes (les feuilles, les fleurs, les fruits, le bois…), dépend de la composition de l’Essence contenue au sein de ses tissus : par exemple, le Citrus aurantium, l'Oranger amer produit des essences différentes dans ses feuilles, ses fleurs et ses fruits.



L'Essence est une substance instable.
Elle se modifie en fonction de différents paramètres, notamment le stade de développement de la plante, c’est-à-dire l’évolution de sa croissance, sa maturité florale, l’apparition de fruits, et autres.
Elle varie également en fonction de son génotype, c’est-à-dire son patrimoine génétique particulier. Comme les animaux, dont nous les humains, les plantes ont un héritage génétique et cela influe sur la composition de leur Essence, quand elles en produisent évidemment. Et c’est ce qui se passe avec le Romarin.
L'espèce botanique de Rosmarinus officinalis a plusieurs génotypes qui dépendent en partie du biotope dans lequel il pousse.
Un Romarin originaire de Provence est riche en camphre et a un parfum différent d’un Romarin dont l’origine est l’Afrique du Nord, plus riche en 1.8 cinéole, qu’on appellait auparavant « l’eucalyptol ».
Quant au Romarin de Corse, il est riche en alpha-pinène et acétate de bornyle, en plus d’une molécule particulière, la verbénone.
Leur fragrance dépend de ces paramètres (organe distillé, stade de développement, génotype, biotope) qui déterminent la composition de l’Essence et des propriétés spécifiques de l’Huile Essentielle.

Mais qu'est-ce qu'un biotope exactement ?
Le biotope est l’identification d’un milieu biologique spécifique, - quand on parle de biologique, il ne s’agit pas de label de qualité mais de « biologique » au sens de vivant – milieu qui offre à un certain nombre d’espèces des conditions environnementales particulières. Le biotope varie selon l’origine géographique.
Bien sûr, les conditions météorologiques influent aussi sur la composition de l’Essence de la plante aromatique.
La nature est vivante, variable, et des Huiles Essentielles issues d’une même plante aromatique peuvent avoir des compositions biochimiques bien différentes.

