Il est utile d'être informé sur le mode de culture et le contrôle des pesticides, surtout si l'on est accro au BIO.
Pour les plantes aromatiques utilisées en Phytothérapie, comme dans notre alimentation, le mode de culture influence la qualité du produit final. Mais c’est moins important pour les Huiles Essentielles.
Il est souhaitable de savoir ce que vous achetez et consommez, et la normalisation qualitative EOBBD recommande de mentionner le type de culture ou de récolte de la plante aromatique dont est extraite l’Huile Essentielle, à défaut, il s’agit généralement de mode de culture conventionnel.
S’il est précisé sur l’étiquette d’un flacon d’Huile Essentielle « Plante Sauvage », il s’agit d’un produit rare, extrait d’espèces ayant poussé dans leur biotope naturel. Les conditions de propriété et de droits d'utilisation de la flore dans les régions de cueillette ou de coupe étant en général contrôlées, les cueilleurs s’astreignent à des prélèvements difficiles et veillent généralement à ne pas mettre en danger l'équilibre naturel et la survie des espèces. Ils restent également attentifs à l'absence de sources d'émissions polluantes dans la région.







Vous trouvez également, et de plus en plus, des Huiles Essentielles dites « biologiques ». Mais qu’en est-il, exactement, du « BIO » pour l’Aromathérapie ? Cela se justifie-t-il ou est-ce avant tout un argument marketing ?
Si possible, consommons le plus possible de produits bio dans notre alimentation, mais en ce qui concerne les Huiles Essentielles, le « label Bio » n'est pas une priorité.
Les labels sont issus d’organismes qui s’occupent de la manière dont la plante aromatique a été cultivée. Ils ne s’estiment pas, à raison, habilités à juger de la qualité de son Huile Essentielle. Une plante, aussi « bio » soit-elle, ne peut donner qu’une Huile Essentielle de piètre qualité si le moment de récolte n’est pas optimal, si l’organe producteur n’est pas bien choisi ou si elle est mal distillée.
Qui plus est, les labels de cultures biologiques ne peuvent offrir de garantie concernant l'absence de pesticides dans une Huile Essentielle ; d’une part en raison d’éventuelles pollutions atmosphériques ou de proximité et, d’autre part, parce que les lots d’Essences « bio » ne sont pas soumis à des contrôles. Seul peut être garanti le mode de culture de la plante aromatique.


La conformité aux exigences Bio est une obligation de moyens et non de résultat.
Notre département pharmacologique a fait analyser des essences « bio » qui contenaient plus de résidus de pesticides que d’autres sans mention. Aromanet s'appuie sur les analyses de biochimistes, dans des laboratoires indépendants, dont la spécialité est de vérifier l’absence de pesticides et autres substances dans les Huiles Essentielles.
Les Huiles Essentielles dont nous faisons l’expertise pour différents laboratoires et sociétés proviennent de plus de 40 pays, nombre de producteurs font un excellent travail, leurs distillations sont fort bien menées et leurs matières premières aromatiques sont soit sauvages, soit semi-sauvages, soit cultivées de matière cohérente, sans produits chimiques.
Toutefois, ces cultivateurs et distillateurs n’ont ni les moyens ni les connaissances requises pour se conformer aux exigences d’organismes certificateurs occidentaux pour des consommateurs occidentaux. Leur coût de production est déjà trop important pour qu’ils se surchargent d’agréments dont ils ne perçoivent pas l’intérêt. Leurs produits sont naturellement « bio » même s’ils n’ont pas le droit de le préciser du fait que ce terme est légiféré.





En clair, la démarche « bio » est saine et nécessaire, elle est l’expression d’une volonté de bien faire mais, se fixant comme objectif le contrôle du mode de culture de la plante, elle ne peut assurer la qualité du produit final qui nous intéresse, l’Huile Essentielle. Le Bio est donc nécessaire pour la Phytothérapie qui emploie les végétaux en l’état mais reste relatif pour l’Aromathérapie qui utilise des micro-doses d’extraits de plantes aromatiques.
Nous recommandons aux Sociétés qui vendent des Huiles Essentielles bio d’effectuer une recherche des résidus de pesticides organochlorés, organophosphorés, pyréthrinoïdes de synthèse et dithiocarbamates sur les lots qu'ils sélectionnent, selon les normes de la pharmacopée européenne.
Bien sûr, cela a un coût et le consommateur, c’est-à-dire vous, doit assumer ses choix. Soit vous estimez satisfaisante une mention sans garantie, soit vous payez plus cher un produit dont les analyses confirment les allégations. De toute manière, le monde de l’Aromathérapie y viendra et les coûts reportés seront à terme minimes, comme c’est déjà le cas avec les produits alimentaires bio.
En conclusion : ne faisons pas du BIO une exigence de première importance concernant les Huiles Essentielles. On peut trouver des microtraces de substances chimiques non aromatiques, mais c’est insignifiant. Les doses ingérées par voie orale ou absorbées par la peau sont infimes et n’ont guère d’incidence sur l’organisme.
Une ou deux gouttes d’Huile Essentielle extraite d’une plante cultivée de manière conventionnelle contiennent bien moins de substances nocives qu’une laitue de supermarché, qu'une pizza ou un biscuit industriels, ou qu'une conserve des circuits conventionnels de l’agro-alimentaire. L’incidence sur notre organisme n’est guère comparable à la pratique du jogging dans une ville polluée (hélas, nous n’avons pas toujours le choix) ou de boire de l’eau contenant des résidus nocifs.
Le Bio est nécessaire dans notre alimentation mais cela reste un « plus » relatif concernant les Huiles Essentielles, et qui vient après les nécessaires critères qualitatifs qu’il ne peut remplacer.

