Traiter les insomnies en fonction de la Caractérologie

Illustrons l’utilisation de la Caractérologie par un exemple d’indication pour laquelle sa prise en compte améliore l’efficacité du traitement : l’insomnie.

1-Traiter symptomatiquement

Nous pouvons traiter symptomatiquement une insomnie à l’aide de l’une ou l’autre des Huiles Essentielles citées ci-dessous, en fonction des propriétés de leurs molécules, notamment esters et éthers antispasmodiques et calmants (vous verrez plus loin les tableaux des propriétés des familles biochimiques) :

Lavandula angustifolia SD/DO sommités fleuries BS acétate de linalyle (la Lavande officinale)

Citrus aurantium SD/DO feuilles BS acétate de linalyle (l’Oranger feuille, que l’on appelle aussi « Petit-grain bigarade »)

Ocimum basilicum SD/DO plante entière BS méthylchavicol (le Basilic tropical)

Chamaemelum nobile SD/DO sommités fleuries BS angélate d’isobutyle (la Camomille romaine).

L’effet du remède aromathérapeutique sera temporaire car le traitement, non personnalisé, a peu de chance de correspondre au terrain du patient.

2-Entreprendre une thérapie de terrain

Aussi devons-nous entreprendre une thérapie de terrain en cernant les causes qui ont provoqué ce déséquilibre ; est-ce une insomnie due à des problèmes digestifs ? Des angoisses ? Un état de surexcitation ? Des troubles relationnels perturbants ? etc. En questionnant le patient (ou en nous analysant le plus objectivement possible), nous obtenons des informations qui nous permettent de dépasser le symptôme et d’établir un soin palliatif personnalisé basé sur le Génie aromatique d’une ou de plusieurs Huiles Essentielles, et selon le Personnage social de la personne concernée (qui n’est alors plus un anonyme « patient »).

Quelques Essences pour :
  • Origanum majorana BS terpinéol-4, (la Marjolaine) contre les dyspepsies nerveuses.
  • Ocimum basilicum BS méthychavicol (le Basilic) contre les irritations gastriques et oesophagiennes.
  • Rosmarinus officinalis BS acétate de bornyle, verbénone (le Romarin) contre les faiblesses hépatiques et les réveils nauséeux.
  • Carum carvi (le Carvi) contre les digestions lourdes et flatulences dues à une alimentation riche (viandes en sauce par exemple).
  • Curcuma longa (le Curcuma) contre les irritations intestinales et colites.
  • Anethum graveolens BS limonène, phellandrène (Aneth) lorsqu’il s’agit de peur de la mort ou d’un deuil.

 

  • Ocimum basilicum BS méthychavicol (Basilic) en cas de dépression nerveuse avec fixation sur un point négatif, d’angoisse due à de gros soucis matériels.
  • Cinnamomum camphora BS 1,8-cinéole, α-terpinéol (Ravintsara) contre le manque de confiance en soi qui conduit à analyser ses journées et à se faire des reproches.
  • Lavandula angustifolia (Lavande officinale) contre la peur de la solitude et la sensation de manque d’affection.
  • Citrus reticulata zeste BS limonène, (Mandarine) pour les enfants surexcités par des évènements (fêtes diverses) ou une surconsommation de sucre (hyperglycémie).
  • Lavandula stoechas BS fenchone (Lavande stoechade, bien différente de la Lavande officinale), lors d’un engagement de vie important, d’un renoncement décisif.
  • Matricaria recutita BS chamazulènes (Camomille matricaire) pour gérer une émotion subite ou un évènement imprévu.
  • Citrus aurantium SD/DO feuilles BS acétate de linalyle (Oranger feuille, ou Petit-grain bigarade) pour les natures cyclothymiques en recherche affective.
  • Cupressus sempervirens BS pinène d-3 carène (le Cyprès) en période de ménopause ou de tensions parents/enfants.
  • Citrus aurantium SD/DO feuilles BS acétate de linalyle (Oranger feuille, Petit-grain bigarade) en cas de conflits affectifs, ruptures, solitude mal vécue.
  • Chamaemelum nobile SD/DO sommités fleuries BS angélate d’isobutyle (Camomille romaine) pour contrer une sensation d’étouffement par autrui.

D’autres Huiles Essentielles au Génie aromatique spécifique peuvent convenir et leurs choix, comme leurs associations, dépendront du patient, de son Personnage social, des antécédents socio-culturels, du terrain, des autres pathologies, etc.

3-Individualiser le traitement

Enfin, nous pouvons individualiser le traitement.

Tout d’abord, relativiser cette condition d’insomniaque, quelles que soient sa durée et son antériorité ; ensuite, ajouter au remède aromathérapeutique de terrain une essence correspondant à l’« intégrité de l’être », état de bien-être naturel puisque nous regardons la pathologie comme un accident de parcours existentiel, donc temporaire.

Il ne vous a pas échappé que, dans ce qui précède, nous examinons trois aspects d’un patient :

  1. le malade, donc sa maladie
  2. la personne, donc son terrain
  3. l’être dans son intégrité, l’individu.

La stratégie aromathérapeutique sera donc construite comme suit :

La stratégie aromathérapeutique

  1. nous sélectionnons une ou plusieurs Huiles Essentielles dont les composants sont issus de familles biochimiques (esters, éthers, sesquiterpénols) actives sur les symptômes pathologiques ; nous agissons sur la cause immédiate de la maladie,
  2. nous choisissons ces Huiles Essentielles en fonction de leur Génie aromatique en ciblant le traitement de terrain, afin d’agir sur la cause profonde de la maladie,
  3. nous complétons ce traitement par une ou plusieurs Huiles Essentielles correspondant à l’individu que nous tâchons de cerner grâce au Personnage social que nous identifions, et nous nous intéressons ainsi à la cause psychologique de la maladie.

Cette approche holistique conduit à un traitement personnalisé qui peut résoudre le problème, non seulement dans sa forme, le symptôme, mais dans le fond, ses causes profondes et psychologiques qui, si elles ne sont pas détectées et résolues, engendreront d’autres manifestations pathologiques ou désordres psychosomatiques et/ou métaboliques.

Pour figurer ce qui précède, voici en résumé les types d’insomnies traitées par les quatre Huiles Essentielles citées comme remèdes aromathérapeutiques :

Lavandula angustifolia SD/DO sommités fleuries BS acétate de linalyle (Lavande officinale) : troubles du sommeil de l’enfant perturbé par l’absence physique ou morale de la mère, agité par des peurs nocturnes, des angoisses dues à un sentiment de non-protection maternelle (forme d’abandon réelle ou supposée), exprimé souvent par une position fœtale, tête dans le coin du lit (tentative de retrouver le contact utérin sur la fontanelle), nervosité et haleine ammoniaquée au réveil, front plissé, mauvaise humeur, désir inconscient de conflit et de punition probants de l’intérêt qu’il peut susciter et donc qui le rassurent.

Citrus aurantium SD/DO feuilles BS acétate de linalyle (Oranger feuille, Petit-grain bigarade) : insomnie émotionnelle de la personne cyclothymique, qui doute d’elle-même malgré ses compétences, perte du sommeil faisant suite à des troubles affectifs (séparation, divorce, rejet imaginé ou effectif), qui ne peut dormir seule tout en éprouvant le besoin d’une pause solitude afin de se retrouver face à elle-même pour gérer le conflit relationnel avec le conjoint passé, présent ou potentiel. C’est l’insomnie du paradoxe relationnel « je t’aime, moi non plus », avec épuisement dû à l’alternance de rires et de pleurs, d’excitation et de déprime.

Ocimum basilicum SD/DO plante entière BS méthylchavicol (Basilic tropical) : insomnie de la personne digérant ses soucis durant la nuit, troublée par des problèmes professionnels ou familiaux ; perturbation nocturne des stressés, des tendus qui ne savent pas faire un break mental et physique. Insomnie, par extension, des individus souffrant de dyspepsies (problèmes d’estomac) en raison d’abus alimentaires ou de repas trop vite absorbés et en état de stress, provoquant ballonnements et aigreurs, obligeant à se lever la nuit pour se désaltérer et prendre un remède digestif ou anti-acide.

Chamaemelum nobile SD/DO sommités fleuries BS angélate d’isobutyle (Camomille romaine) : insomnie de la personne hypersensible, réveillée par le moindre bruit, anxieuse, sur le qui-vive la nuit comme le jour, en décalage avec son milieu (monde, société, cadre familial). Insomnie de l’artiste à la sensibilité paroxystique. Troubles du sommeil des allergiques, des frileux, avec une tendance à l’inquiétude chronique doublée d’une capacité de perception exacerbée (réelle ou imaginée) qui les conduit à être perturbés par des situations ou individus considérés comme vecteurs d’agressivité et de stress. Les somnifères leur conviennent rarement, les traitements de fond s’imposent.

A travers ces exemples, vous voyez combien la Caractérologie est essentielle et permet, en personnalisant les traitements, d’aller beaucoup plus loin que de s’arrêter au symptôme pathologique ; nous traitons le terrain et remontons à la cause profonde et psychologique des maladies.