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Dans les Monographies des Huiles Essentielles, je vous présenterai la Caractérologie en trois parties :

 

1- Les Mythes et Légendes de la plante aromatique

2- le Génie aromatique de l’Huile Essentielle

3- le Personnage social en affinité avec une Essence spécifique.

1 – En premier lieu, regardons ce que dit la mythologie de la plante aromatique, quand une mythologie existe car toutes les plantes n’ont pas un destin glorieux ou tragique dû à la fréquentation de héros ou de dieux ; sinon, je vous parle de son histoire, de ses légendes et popularité au travers des âges. Ces données sont intéressantes car les mythes et légendes qui nous offrent du rêve depuis des siècles et rendent attrayants les symboles qui s’y cachent, ont bien dû s’appuyer sur les propriétés de la plante, connues ou supposées.

On ne peut évidemment pas se fier aux mythes pour tirer des conclusions thérapeutiques mais ils suscitent une interrogation et apportent parfois un soupçon de réponse quant aux liens existant entre la nature, les hommes et autres créatures, entre le macrocosme et le microcosme.

Les mythes nous offrent un héritage culturel et, en portant attention à leur édification à partir de symboles et de correspondances, il y a moyen d’entendre ce qu’ils ont encore à nous dire. J’apprécie la critique qu’en fait Christian Godin : « Il convient de reconnaître dans le mythe une véritable pensée, et dans la mythologie de véritables systèmes. Le mythe est bien ce chaos prolifique à partir duquel le langage, la magie, l’art, la science, la médecine, les mœurs, la morale et les religions se différencient petit à petit, une espèce de soupe primitive symbolique comme il y a une soupe primitive physique d’où l’univers et ses structures sont issus. »

Ainsi certains mythes, quelques légendes et traditions sur les plantes aromatiques corroborent ce que j’ai découvert sur l’impact émotionnel de leur fragrance, donc de leur essence ; cela ne prouve rien mais mérite d’être mentionné. L’histoire des plantes n’est pas seulement poétique, elle est aussi une source d’informations.

2    – Le Génie aromatique est, au niveau psychosomatique, le facteur influent, dynamique dirais-je, de l’Huile Essentielle. Son action s’appuie sur notre réceptivité psychosensorielle (sensibilité, positivité, réactivité) au totum aromatique du remède aromathérapeutique. Le Génie aromatique a un double impact, d’une part psychologique grâce à la dimension olfactive du traitement (perception directe de la fragrance), et d’autre part somatique, par les doses pondérables du traitement, par voie orale notamment (perception indirecte du totum aromatique).

J’ai adopté le terme Génie aromatique car l’image est non seulement belle mais forte : Genius, chez les Romains, était une sorte de petit dieu protecteur ; il s’introduit dans l’être et le guide, le soutient (la chrétienté en a fait des « anges gardiens »), vit durant l’existence de l’être et meurt à la fin (pas comme les anges, ces planqués !). Lorsque quelqu’un a du « génie », c’est-à-dire une capacité hors du commun, cela signifie qu’une faculté est stimulée de manière exceptionnelle.

Le Génie aromatique des Huiles Essentielles ne change évidemment pas notre personnalité mais il en stimule les traits. Par sa résonance olfactive, et donc émotionnelle (voir le chapitre sur le lien émotions-odeurs), une Huile Essentielle choisie en fonction de son Génie aromatique nous soutient dans la visée de l’optimum de ce que nous pouvons être, et nous libère aussi (dans une certaine mesure, bien sûr ; n’exagérons pas la puissance des Huiles Essentielles. L’impact des substances aromatiques naturelles influe mais ne détermine pas) de certaines contraintes que nous nous imposons ou que nous acceptons de nous voir imposées.

Par l’impact qu’il opère sur notre psyché, le Génie Aromatique stimule une reconnaissance opportune du « Moi » tiraillé entre le « ça », les pulsions de la libido, l’inconscient puissant incluant diverses formes de désir liées à notre nature animale et notre histoire personnelle, souvent trouble et troublante, et les directive du « Surmoi », le conscient moraliste qui, soit transcende, soit refoule cette nature et nos pulsions intimes, ce qui s’exprime pour la plupart d’entre nous par une dichotomie intérieure – voire morale – source de névroses*. Le Génie Aromatique incarne – dans le sens d’« entrer dans notre chair », notre réalité existentielle – la recherche d’un équilibre (si tant est que celui-ci soit possible, je le regarde davantage comme une conceptualisation que comme un fait) qui nous aide à ne plus, ou à moins, osciller entre regrets (fautes réelles ou supposées du passé) et espoirs (culte du manque, – on n’espère qu’en ce qui manque – **), promesses de lendemains meilleurs et d’un après-mort transcendant. En fait, le Génie aromatique nous invite au « bien vécu » personnel, à l’assimiler sans complexe et sans moralisation.

* Je développerai, dans une extension de ce chapitre, la relation entre le « ça, le moi, et le surmoi » de Freud, et son application à la Caractérologie aromatique, notamment dans le choix des « Essences d’hier, d’aujourd’hui, et de demain ». L’Introduction à la psychanalyse demeure un beau classique, dépassé sujet à caution par certains côtés mais pertinent par d’autres.

**Je vous invite à lire cet article sur l’espoir et le culte du vide ; lien :

http://www.pensees-philo-ludiques.com/2016/01/09/lespoir-bonne-chose/

Note : Exploiter l’impact psychosensoriel d’une Huile Essentielle ne suffit pas à combler nos manques ni résoudre nos névroses – je ne parle pas de psychoses -, mais l’utilisation de synergies aromatiques personnalisées concourt à la gestion positive de l’incomplétude de notre être. En absorbant une ou des Huiles Essentielles (par voie orale, cutanée ou respiratoire), nous réagissons de manière personnelle et complexe, car l’action exogène du remède aromathérapeutique (due à la nature chimique des molécules aromatiques) suscite une réaction endogène dépendant de notre perception de l’odeur qui est plus ou moins en résonance avec nos goûts, notre mémoire, nos attentes, attirances et répulsions.

Si le complexe physicochimique des Huiles Essentielles (combinaison de phénols, aldéhydes, cétones, esters…) agit directement sur le facteur agresseur et objectif de la maladie (un germe par exemple), le Génie aromatique – issu du choix d’une ou plusieurs Huiles Essentielles parmi l’éventail des remèdes aromathérapeutiques – permet à notre terrain, notre individuation psychosomatique, d’y être réceptif.

Participant d’un traitement de fond personnalisé, la formulation d’un remède qui tient compte du Génie aromatique peut éviter des récidives ou des symptômes migratoires. J’appelle « symptôme migratoire » la nouvelle manifestation d’une pathologie dont la cause n’a pas été traitée. En effet, la pratique des médecines naturelles, y compris l’Aromathérapie, n’est pas obligatoirement holistique, même si elle devrait l’être, et leurs remèdes peuvent être employés de manière symptomatique ; un herpès buccal par exemple (virus herpétique humain de type 1 : HSV-1), traité uniquement en externe par une synergie de Melaleuca alternifolia, Salvia officinalis, Cinnamomum camphora et Lavandula latifolia, disparaît en trois jours mais une autre pathologie infectieuse apparaît fréquemment peu après car le système immunitaire n’a pas été renforcé par un traitement de terrain.

3 – Le Personnage social : il s’agit du portrait psychologique et physiologique d’un individu relativement typé, de ce qu’il est – ou pense être – dans son milieu environnant, familial et socioprofessionnel (de nouveau le Moi, plus ou moins « triché », conditionné en raison d’un équilibre précaire – ou aléatoire – entre le ça et le Surmoi). Le Personnage social est la manifestation d’un individu, l’apparence de son être, souvent tronqué car affadi ou exacerbé ; c’est sa personnalité formatée par son lieu de naissance, son hérédité, son milieu social et son éducation, les influences qu’il a subies dont beaucoup sont coercitives. Tout cela concourt à l’image que l’on veut donner de soi-même aux autres, ou ce que les autres en perçoivent, image dans laquelle on exprime rarement son moi profond (pas le surmoi codifié mais son être qui se découvre peu à peu, puis s’améliore selon les critères de l’individu, ses affinités et capacités) tout en devant gérer, avec plus ou moins de bonheur, ses points forts et ses points faibles, ses réussites et ses échecs, son potentiel et ses limites.

Note : Personnalité vient de persona en latin, masque utilisé au théâtre – c’est assez révélateur comme image – qui a aussi fonction de porte-voix (per sona), d’amplificateur de son. La parole (extériorité) exprime l’idée (intériorité) mais la limite, la tronque. La personnalité est une expression tronquée de notre être mais aussi son affirmation sociale. Prenons une image : un bâton droit plongé dans l’eau apparaît tordu et mouvant, mais il n’en reste pas moins droit. Nos pensées exprimées, notre esprit incarné restent ce qu’ils sont dans leur monde – si tant est qu’il en existe un qui leur soit propre, mais au moins l’est-il au niveau conceptuel – mais apparaissent déformés dès lors qu’ils se manifestent dans un monde qui, à la fois, est le leur sans l’être tout à fait.

Les homéopathes, habitués aux typologies décrites par Hahnemann, saisissent aisément le concept du Personnage social. Son identification met sur la voie de nos tendances pathogéniques, dévoile notre terrain, nos faiblesses et nos forces qui sont des indicateurs pour les traitements préventifs et curatifs. Le fait de cerner le Personnage social de celui qui veut avoir recours à l’Aromathérapie holistique (nous-même, ou un patient si nous sommes thérapeute) guide le choix de certaines Huiles Essentielles parmi le panel de celles qui peuvent convenir, plusieurs d’entre elles ayant des propriétés biochimiques similaires mais pas le même impact psychosomatique.

J’illustre les trois aspects de la Caractérologie par un exemple : Laurus nobilis (le Laurier noble).

Illustration des trois aspects de la Caractérologie par un exemple : Laurus nobilis (le Laurier noble).
Illustrons ce qui précède par un exemple d’indication pour laquelle la prise en compte de la Caractérologie améliore l’efficacité du traitement : l’insomnie.
Aucun individu ne se limite à une seule Caractérologie aromatique.

Une fois ce principe entériné, nous pouvons aborder une autre étape de la Caractérologie aromatique.
Chaque individu doit retrouver, dans son traitement aromathérapeutique, trois types d’essence qui lui sont propres :

l’ Essence d’hier, d’aujourd’hui et de demain