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Le stade de développement et/ou organe distillé de la plante aromatique SD/DO (4 et 5)

(Stage of Development/Distilled Organ) :

Le stade de développement SD (4)

Prenons une image : imaginez que vous entrez dans un restaurant ; vous commandez un bouillon de poule et le serveur vous apporte une eau quasi transparente. Vous la goûtez et la trouvez insipide. Vous vous en plaignez au maître d’hôtel et celui-ci vous explique que c’est un bouillon de jeune poulet, de tout jeune poulet… En fait, c’est l’eau de cuisson des œufs durs !

Vous savez à présent ce qu’est le stade de développement

La composition biochimique de l’essence est la clef de ses propriétés thérapeutiques ; elle diffère selon le stade végétatif de l’espèce et la partie de la plante que l’on distille.

Par exemple, l’Anethum graveolens (l’Aneth) forme dans ses tissus une essence qui possède de nombreuses vertus médicinales. Elle facilite la digestion, décongestionne le foie, active les fonctions rénales, et est un anxiolytique.

Ces propriétés se nuancent selon le « stade de développement (SD) ».

Si l’aneth est distillé « plante entière », (feuilles vertes, sommités pourvues de quelques fleurs, jeunes fruits verts), la composition biochimique de son essence est riche en limonène et phellandrène. L’Huile Essentielle est dans ce cas employée pour traiter les foies fragiles et surchargés, régulariser leur flux biliaire et faciliter la digestion.

Si la plante est distillée « fructifiée » (feuilles sèches, et les fruits – petites graines – arrivés à maturité), l’essence contient peu de limonène/phellandrène mais de la carvone à hauteur d’environ 30%.

Le stade de développement est différent, soit « plante fructifiée » (ou « graines »), au lieu de « plante entière ».

La carvone (une cétone), est excellente pour traiter les affections rénales mais l’observation clinique relève une hépato-toxicité à haute dose (relative sans doute, certains la contestent mais n’apportent pas d’élément probants). La consommation comparative des deux HE d’Anethum graveolens, l’une riche en limonène, l’autre en carvone, permet de constater que leur effet sur la sphère hépatique n’est pas le même.

Cet exemple montre que la précision du stade de développement (SD) est nécessaire.

L’organe distillé de la plante aromatique DO (5)

Concernant l’Organe Distillé (DO, pour Distilled Organ), les nuances de composition sont similaires. On extrait de l’oranger amer : Citrus aurantium, une Huile Essentielle de ses feuilles, une autre de ses fleurs et une essence du zeste de ses fruits.

Ces trois extraits aromatiques sont différents dans leur composition biochimique ; le premier est riche en acétate de linalyle (ester), le second en nérolidol (sesquiterpénol) et le troisième en limonène (terpène). Vous l’aurez compris, leurs propriétés sont donc différentes.

Les laboratoires soucieux de la traçabilité et qualité de leurs essences mentionnent le Stade de Développement et l’Organe Distillé de la manière suivante

(en notant textuellement ou non « SD/DO », le principal étant qu’ils soient effectivement mentionnés) :

  • Levisticum officinale

    Livèche

    SD/DO graines

  • Cinnamomum camphora

    Ravintsara

    SD/DO feuilles

  • Sygyzium aromaticum

    Clous de Girofle

    SD/DO boutons floraux

  • Cinnamomum verum

    Cannelle de Ceylan

    SD/DO écorce

  • Zingiber officinale

    Gingembre

    SD/DO rhizomes

  • Etc.
Il existe de nombreuses SD/DO ; voici le tableau récapitulatif.
Cette appellation, qui s’emploie pour les divers Pinus et Abies, est acceptée bien qu’il s’agisse en fait de feuilles.
De Juniperus communis, peignées ou coupées, contenant des baies vertes mais en majorité des mûres. L’idéal est que ne soient distillées que les baies mûres de deux ans, triées, sans aiguilles ni autres baies (distillation coûteuse en raison du travail de tri).
Pour Piper nigrum, précision dans la mesure où il y a une transformation de l’essence lors du séchage au soleil.
Pour Cedrus atlantica et Santalum album ; l’arbre est coupé, réduit en copeaux puis pulvérisé et distillé pendant environ une semaine.
Pour Sygyzium aromaticum (le bouton floral est communément appelé clou de girofle) ; Sygyzium aromaticum produit aussi une essence dans ses feuilles et dans ses griffes, moins précieuse et servant surtout à obtenir de l’eugénol bon marché.
Typique du Cinnamomum verum et du Ravensara anisata.
En plus des seules feuilles distillées, est accepté SD/DO feuilles pour la distillation des jeunes rameaux richement feuillus, au bois vert et peu odorant et qui ne modifie pas la composition de l’essence des feuilles.

ex : Citrus aurantium dont on distille les rameaux fructifiés ; son taux de limonène réduit est dû à la présence de jeunes fruits, d’où l’appellation commune de Petits-grain bigarade).

Appellation pour Chamaemelum nobile, Matricaria recutita, Citrus aurantium, Rosa damascena.
pour Elettaria cardamomum ; (parmi les fruits, il y a les noix et les graines semences)
Pour Myristica fragrans.
S’applique à des espèces telles que Rosmarinus officinalis, Mentha piperita, Salvia officinalis, etc. lorsqu’elles sont distillées avant floraison.
Pour le même type de plantes que précédemment mais distillées en fleurs. Ce SD/DO se distingue de l’appellation Fleurs ou Sommités fleuries qui ne comprend pas les feuilles, comme pour Chamaemelum nobile par exemple.
S’applique aux Apiacées, Anethum graveolens et Petroselinum crispum par exemple, dont la composition aromatique varie de façon significative selon le stade de développement.

Fleurs et fruits signifie que se trouvent sur le même pied des ombelles fleuries et d’autres plus matures où les fruits apparaissent. Les feuilles, également riches en essence, sont encore vertes et odorantes.

Ces mêmes Apiacées peuvent être distillées lorsque les fruits sont matures ; il y a absence de fleurs, des feuilles sèches et moins odorantes. Le rendement est supérieur mais la composition varie (plus riche en carvone mais moins en α-phellandrène et limonène pour Anethum graveolens).
Pour Angelica archangelica, Nardostachys jatamansi.
S’applique aux arbrisseaux et aux arbres dont les branches sont coupées avec peu de bois, comme pour les divers Myrtus et Melaleucas, qui contiendront plus d’α-pinène que l’essence des seules feuilles.
Concerne le Juniperus communis, par exemple, portant des baies de l’année, vertes et peu odorantes, des baies de deux ans violettes, mûres et aromatiques, et d’autres de trois ans, brunes et sans essence. Ce SD/DO peut aussi s’appliquer au Cupressus sempervirens lorsqu’il porte ses fruits et à l’Eucalyptus globulus dont les rameaux peuvent être riches en globules.
pour Commiphora myrrha et Boswellia carterii.
pour Curcuma longa et Zingiber officinale.
Notamment pour les Apiacées dont les graines sont séparées de la plante et des ombelles.
Pour les divers Citrus lorsque leur peau est distillée. Toutefois, elle l’est rarement et leur essence est le plus souvent expressée.
Le produit aromatique ainsi obtenu est en fait une essence et non une huile essentielle puisqu’il n’y a pas eu de distillation à la vapeur d’eau, d’où la nécessité de la précision expressé.
Troisième étape d’une étiquette correctement établie :

Melaleuca quinquenervia

NIAOULI

SD/DO : feuilles

Inde sauvage-Pesticide Free