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La Spécificité Biochimique de l’Huile Essentielle – BS- (7)

(pour Biochemical Specificity) : 

Tous les paramètres que je vous ai mentionnés précédemment, c’est-à-dire :

  • l’espèce botanique exacte avec genre (ex : Lavandula), épithète (ex : intermedia) et variété (ex : abrialis) de la plante aromatique,
  • son Stade de Développement ou Organe Distillé (SD/DO)
  • son origine géographique et mode de culture,

vont déterminer la composition biochimique de l’essence dont dépendent ses propriétés. Cette spécificité Biochimique doit être définie afin que vous vous y retrouviez en lisant l’étiquette de votre flacon d’Huile Essentielle.

Exemple

Prenons l’exemple du Thymus vulgaris SD/DO plante entière fleurie ; il peut avoir plusieurs Spécificités Biochimiques BS

1 – en fonction du Biotope dans lequel elle évolue

2 – en fonction de son Génotype qui, rappelons-le, est l’héritage génétique d’une espèce. Les paramètres, dans la nature, se conjuguent et leur interdépendance n’est pas linéaire.

3 – de son stade de développement (SD/DO).

Ces Spécificités Biochimiques peuvent être à thymol, à linalol, à citronnellol, à géraniol ou à thuyanol. Chacune possède des propriétés particulières, la plus anti-infectieuse étant la BS thymol.

Note :

n’est mentionnée que la molécule majoritaire de chaque Spécificité Biochimique ; il y en a d’autres et, toutes les cinq – thymol, linalol, citronnellol, géraniol, thuyanol -, se retrouvent dans des proportions variées dans l’ensemble des Huiles Essentielles de Thymus vulgaris. Il y a par ailleurs d’autres espèces de Thymus (T. mastichina, T. satureioides, T. sigys. T. serpyllum…) 

L’ensemble est résumé dans le tableau sous forme de rosace présenté plus haut.

De sa Spécificité Biochimique dépendent les propriétés d’une Huile Essentielle et son éventuelle toxicité. Aussi est-il recommandé de vous fournir auprès d’un laboratoire qui respecte les exigences de la EOBBD Assurance-Qualité *.

Note :

le moyen de connaître la nature et la proportion des composants d’une Huile Essentielle est de la soumettre à l’analyse d’une chromatographie en phase gazeuse couplée à un spectromètre de masse (GC-MS) et un détecteur à ionisation de flamme (FID) ; chaque Huile Essentielle présente un profil caractéristique qui permet de définir sa Spécificité Biochimique.

Chromatographie en phase gazeuse

La G.C. (Gaz Chromatography) est une technique de séparation des substances volatiles réalisée sur une colonne capillaire.
La séparation est basée sur la différence de coefficient de partage des molécules à séparer existant entre un gaz (phase mobile) et un solide poreux (phase stationnaire).

Spectrographie de masse

La M.S. (Mass Spectrometry) est une technique d’identification des molécules.

Les molécules bombardées par des électrons 70 eV, sont ionisées puis fragmentées. L’appareil mesure le rapport de la masse sur la charge des ions formés m/Z puis quantifie ces différents ions.

Il donne un spectre de masse caractéristique de la molécule (carte d’identité).

Important :

la Spécificité Biochimique (BS) mentionnée sur les flacons d’Huile Essentielle est un résumé de sa composition moléculaire ; elle indique ses deux ou trois composants majoritaires suivis éventuellement d’un composant minoritaire particulier. Doivent aussi être mentionnés les pourcentages de ces composants. En voici l’explication par une comparaison.

Exemple 1 :

Mentha piperita

Menthe poivrée

SD/DO plante fleurie

BS menthol, menthone, acétate de menthyle.

Le pourcentage des composants n’étant pas précisé, la Spécificité Biochimique de l’essence n’est indiquée qu’en partie car le rapport menthol (fam. des Monoterpénols) – menthone (fam. des cétones) peut être variable.

Exemple 2 :

Mentha piperita

SD/DO plante fleurie

BS menthol 35%, menthone 10%, acétate de menthyle 3%

Mentha piperita

SD/DO plante fleurie

BS menthol 25%, menthone 24%, acétate de menthyle 2%.

Ces deux Huiles Essentielles n’ont pas les mêmes propriétés, et la deuxième, plus riche en menthone (cétone), est d’un usage plus délicat que la première et ne doit pas être prescrite à un enfant de moins de 10 ans.

Il est donc clairement nécessaire de mentionner le pourcentage des composants majoritaires ou indispensables qui varie pour chaque lot d’Huile Essentielle. Cela réclame une bonne gestion de l’étiquetage mais c’est à ce prix que l’on fait de l’Aromathérapie une médecine fondée sur des paramètres scientifiques non aléatoires. Je vous déconseille d’utiliser des HE n’ayant pas ces précisions.

Voici un lien indiquant les laboratoires respectant les normes EOBBD ; la liste est mise à jour.

Ces précisions permettent au prescripteur comme au consommateur de savoir quelles sont les propriétés réelles d’une Huile Essentielle.

J’ai analysé des Huiles Essentielles d’Helichrysum italicum (Hélichryse) mentionnant sur le flacon « acétate de néryle, diones » (le taux de diones est important car ces molécules sont anticoagulantes, propriété pour laquelle l’Huile Essentielle d’Helichrysum est indispensable en Aromathérapie. Une hélichryse de Corse ou d’origine balkanique en contient entre 7 et 12%). A l’analyse, l’Huile Essentielle d’Helichrysum italicum d’une société française réputée contenait moins de 1% de diones. Cette molécule était présente mais de façon insignifiante. La mention Diones dans la Spécificité biochimique est donc abusive car une Huile Essentielle d’Helichrysum italicum n’a des propriétés anticoagulantes que si elle contient au moins 5% de diones.

Raison pour laquelle les mentions HEBBD et HECT doivent se mettre aux normes EOBBD Quality-Assurance, pour le respect des utilisateurs d’Huiles Essentielles, c’est-à-dire Vous !


Cinquième étape d’une étiquette correctement établie :

Melaleuca quinquenervia
NIAOULI –
Inde
Semi-sauvage – Pesticide Free
SD/DO : feuilles
SB : 1,8 cinéole (52%) nérolidol (9%) viridiflorol (5%)